PRéSIDENTIELLE AU HONDURAS : SON CANDIDAT NE GAGNE PAS, DONALD TRUMP SE FâCHE

Le président américain Donald Trump a accusé lundi les autorités électorales du Honduras d’« essayer de changer » le résultat de la présidentielle dans ce pays d’Amérique centrale. Deux candidats de droite sont à quasi-égalité, l’entrepreneur Nasry Asfura qu’il soutient, et un présentateur de télévision Salvador Nasralla.

Tel un enfant capricieux, Donald Trump s’est agacé publiquement des résultats de l’élection présidentielle (un seul tour) au Honduras (11 millions d’habitants). Trois jours avant le scrutin de dimanche, le président américain avait appelé à voter pour le candidat de droite, l’homme d’affaires Nasry Asfura, 67 ans.

Mais après le décompte numérique de 57 % des bulletins, la présidente du Conseil national électoral (CNE) a annoncé lundi une « égalité technique » entre le favori de Donald Trump et le présentateur de télévision Salvador Nasralla, de droite aussi. 515 voix les sépareraient. Ana Paola Halla a demandé « de la patience » aux électeurs. Donald Trump, pas réputé pour cette qualité, a fulminé sur son réseau Truth Social : « On dirait que le Honduras est en train d’essayer de changer le résultat de son élection présidentielle. S’ils le font, ils le paieront cher ! ». Avant d’accuser la CNE d’avoir « abruptement cessé de compter » les voix, sans étayer cette affirmation.

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L’ingérence de Donald Trump en Amérique Latine

Une certitude cependant, les Honduriens ont clairement sanctionné la gauche qui gouverne depuis 2021 ce pays parmi les plus pauvres d’Amérique latine, miné par la violence des gangs, le trafic de drogue et la corruption. Sa candidate, l’avocate Rixi Moncada, 60 ans, est 20 points derrière ceux de la droite. Elle a dénoncé l’irruption de Donald Trump dans la campagne, déclarant lundi que son soutien à l’ancien maire de Tegucigalpa «a été perçu par la population comme une forme de coercition».

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump, qui a adopté une position interventionniste dans toute l’Amérique latine, n’hésite pas à conditionner l’aide américaine à la bonne volonté des gouvernements et à ses affinités avec leurs dirigeants : les gouvernements conservateurs ont donc le droit à des investissements et des aides (Argentine, Salvador, Equateur…). Pour ceux de gauche (Brésil, Colombie), des sanctions économiques. S’agissant du Honduras, il a assuré que si Asfura « ne remporte pas les élections, les États-Unis ne gaspilleront pas leur argent ».

2025-12-02T15:45:53Z