Le grand quotidien de la côte est s’oppose ainsi aux nouvelles règles imposées aux journalistes par le ministère de la Guerre américain. Presque tous les médias les avaient rejetées.
Il ne sera pas dit que les journalistes américains, modèles de probité et de rigueur dans le monde, seront restés les bras croisés devant l’abus de pouvoir dont ils sont victimes.
Jeudi, le New York Times a annoncé qu’il lançait des poursuites devant un tribunal de Washington, la capitale, contre le ministère de la Défense -rebaptisé ministère de la Guerre par Donald Trump. Dans son viseur : le chantage exercé sur la presse par le Pentagone, sous la férule de Pete Hegseth, en soumettant toute demande ou publication d’informations à l’autorisation expresse du gouvernement.
Deux amendements de la Constitution piétinés
Le journal estime que cette nouvelle règle est contraire à la liberté de la presse, garantie par le 1er amendement de la Constitution américaine, et au droit de chacun à défendre ses droits, prévu par le 5e amendement.
« Il s’agit tout simplement d’une tentative de contrôler les articles qui ne plairaient pas au gouvernement. Le Times s’oppose vigoureusement à la violation de ces droits, comme il l’a toujours fait face à un gouvernement refusant de rendre des comptes », affirme Charlie Stadtlander, porte-parole du Times, cité dans le Washington Post.
« Restreindre la capacité des journalistes »
Le texte de la plainte estime que le règlement imposé par le Pentagone « vise à restreindre la capacité des journalistes à faire ce qu’ils ont toujours fait : poser des questions aux sources gouvernementales et rassembler les informations nécessaires pour écrire des articles allant au-delà des déclarations officielles ».
Depuis le mois de septembre, le ministère de la Guerre, premier employeur du pays avec un budget annuel de 892 milliards de dollars, exige des journalistes accrédités qu’ils lui fassent valider toute publication d’information le concernant, classifiée ou non, sous peine de perdre leur accès au Pentagone. Ces conditions constituent une nouvelle étape dans la bataille que mènent Donald Trump et son gouvernement contre la presse traditionnelle, accusée de lui être défavorable. A contrario, le pouvoir favorise l’arrivée de nouveaux médias dans le « corps de presse » officiel, majoritairement conspirationniste ou d’extrême droite.
Ils ont rendu leur badge
Le 14 octobre, tous les médias américains, sauf la chaîne conservatrice One America News, ont refusé de signer l’engagement de se plier à ces exigences. Ils ont rendu leur badge de presse, leurs accréditations et ont quitté le bureau permanent qu’ils occupaient au ministère parfois depuis des dizaines d’années.
« Cette réglementation est illégale car elle donne le pouvoir absolu aux membres du gouvernement d’accorder ou non une accréditation, ce que le 1er amendement interdit », a déclaré Gabe Rottman, du Comité des journalistes pour la liberté de la presse.
L’association des journalistes du Pentagone, de son côté, a assuré se sentir soutenue par l’action en justice lancée par le New York Times.
2025-12-04T17:21:02Z